Publié le 2 mars 2026
Modifié le 30 septembre 2026

La préparation de la retraite constitue aujourd’hui un enjeu financier de premier plan. Avec les réformes successives et l’évolution démographique, les pensions issues des régimes obligatoires représentent en moyenne 74 % du dernier revenu d’activité pour un salarié ayant effectué une carrière complète. Cette proportion chute à 51 % pour les cadres. Face à cette baisse inévitable du niveau de vie, le Plan d’Épargne Retraite (PER) s’impose comme une solution stratégique pour préserver votre autonomie financière.

Créé par la loi PACTE en 2019, le PER unifie les anciens dispositifs d’épargne retraite (PERP, Madelin, Article 83, PERCO) en un produit plus souple et plus accessible. Il permet de constituer progressivement un capital ou une rente viagère, tout en bénéficiant d’avantages fiscaux immédiats : chaque versement volontaire est déductible de vos revenus imposables. L’enjeu dépasse la simple épargne : il s’agit de bâtir un complément de revenus pérenne pour maintenir votre niveau de vie après la cessation d’activité. Aujourd’hui, ouvrir un PER en ligne va bien au-delà d’une simple démarche administrative : la gestion de l’épargne devient plus accessible, tout en offrant la possibilité de sélectionner des fonds éco-responsables. Une manière de préparer sa retraite en recherchant à la fois un potentiel de rendement et une épargne cohérente avec ses convictions.

  • Le PER permet de déduire vos versements de vos revenus imposables, avec une économie d’impôt immédiate proportionnelle à votre taux marginal d’imposition.
  • Les plafonds de déduction varient selon votre statut professionnel : 10 % des revenus pour les salariés, plafonds spécifiques pour les travailleurs non salariés.
  • Votre capital est investi sur des supports variés : fonds euros sécurisés ou unités de compte dynamiques, avec une allocation à ajuster selon votre horizon de retraite.
  • À la retraite, vous choisissez une sortie en capital, en rente viagère ou mixte, avec des cas de déblocage anticipé possibles (résidence principale, invalidité, surendettement).
  • Le PER assurantiel offre un cadre fiscal avantageux pour la transmission, comparable à l’assurance-vie, et se combine idéalement avec elle dans une stratégie patrimoniale globale.

Mécanisme fiscal du PER : déductibilité, plafonds et optimisation des versements

Le principal atout du Plan d’Épargne Retraite réside dans son mécanisme fiscal : chaque versement volontaire effectué sur votre PER peut être déduit de vos revenus imposables. Cette déductibilité immédiate génère une économie d’impôt proportionnelle à votre taux marginal d’imposition, transformant chaque euro versé en un double levier : constitution d’épargne retraite et réduction fiscale instantanée.

Déductibilité des versements et économie d’impôt selon votre taux marginal

L’efficacité de la déduction dépend directement de votre niveau d’imposition. Un contribuable imposé dans la tranche marginale à 30 % économise 300 euros d’impôt pour chaque millier d’euros versé sur son PER. Pour les contribuables dans la tranche à 45 %, cette économie atteint 450 euros par millier versé. Cette mécanique particulièrement avantageuse explique pourquoi le PER séduit principalement les foyers aux revenus moyens et élevés.

Concrètement, l’idée n’est pas de verser le maximum théorique chaque année, mais de trouver le point d’équilibre entre effort d’épargne et gain fiscal. Il est souvent pertinent de cibler un montant de versements qui vous maintient dans votre tranche marginale actuelle, maximisant ainsi l’efficacité de la déduction. Vous pouvez également arbitrer entre versements déductibles et non déductibles : si vous anticipez une forte baisse de revenus à la retraite, la stratégie « déduire au maximum aujourd’hui pour être faiblement imposé à la sortie » est généralement gagnante. À l’inverse, si vous serez encore fortement imposé à la retraite (revenus fonciers importants, par exemple), privilégier des versements non déduits peut alléger la fiscalité future.

Plafonds de déduction selon le statut professionnel

Les plafonds de déduction varient considérablement selon votre statut professionnel. Pour les salariés, le plafond correspond à 10 % des revenus professionnels de l’année précédente, avec un minimum garanti équivalent à 10 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), soit 4 637 euros pour 2025. Cette règle du minimum garanti s’avère particulièrement avantageuse pour les revenus modestes ou variables.

Les travailleurs non salariés (TNS) bénéficient de plafonds spécifiques plus complexes. Ils peuvent combiner plusieurs plafonds : 10 % des bénéfices imposables dans la limite de 8 fois le PASS, plus 15 % des bénéfices compris entre 1 et 8 PASS. Cette combinaison peut porter le plafond total jusqu’à environ 87 000 euros annuels pour les plus hauts revenus, offrant une capacité de déduction exceptionnelle aux professions libérales et dirigeants d’entreprise.

Plafonds de déduction fiscale du PER selon le statut professionnel
Statut Plafond de déduction Minimum garanti
Salarié 10 % des revenus professionnels de l’année précédente 4 637 € (2025)
Travailleur non salarié (TNS) 10 % des bénéfices imposables (limite 8 PASS) + 15 % des bénéfices entre 1 et 8 PASS 4 637 € (2025)
PER collectif (abondement employeur) Exonération d’impôt sur le revenu dans certaines limites —
Un artisan menuisier discute avec une conseillère autour d'une tablette dans son atelier de menuiserie.
Pour un travailleur non salarié, le PER offre des plafonds de déduction spécifiques à intégrer dans sa gestion d’entreprise.
 

Optimisation : report des plafonds, mutualisation et différences PER individuel-collectif

Le mécanisme de report des plafonds non utilisés constitue un atout souvent sous-estimé du PER. Lorsque vous n’utilisez pas intégralement votre plafond de déduction sur une année donnée, le solde reste disponible pendant trois ans. Vous pouvez ainsi cumuler plusieurs années de droits à déduction et les utiliser ultérieurement, par exemple lors d’une année de forte imposition (promotion, bonus exceptionnel, plus-value immobilière). Résultat : une réduction d’impôt substantielle au moment où votre taux marginal d’imposition est le plus élevé.

Report et mutualisation des plafonds : Les couples mariés ou pacsés peuvent mutualiser leurs plafonds de déduction. Si l’un des conjoints n’utilise pas ses droits, l’autre peut les récupérer pour optimiser sa propre stratégie d’épargne retraite. Consultez chaque année votre avis d’imposition, qui récapitule l’ensemble des plafonds disponibles (année en cours et années antérieures).

Au-delà du PER individuel, de nombreux salariés disposent d’un PER collectif d’entreprise, alimenté par la participation, l’intéressement ou les abondements versés par l’employeur. La fiscalité de ces deux types de PER diffère sensiblement. Sur un PER individuel, vous arbitrez librement entre versements déductibles ou non déductibles. Sur un PER collectif, les sommes issues de l’épargne salariale bénéficient souvent d’exonérations spécifiques, et les abondements de l’employeur ne sont pas imposables à l’impôt sur le revenu dans certaines limites, tout en restant soumis aux prélèvements sociaux.

Faut-il privilégier le PER individuel ou le PER collectif d’entreprise ? En pratique, les deux sont complémentaires. Le PER collectif permet de profiter de l’abondement employeur, qui s’apparente à un bonus gratuit pour votre retraite. Le PER individuel offre une maîtrise totale des versements et des supports d’investissement. Une stratégie efficace consiste souvent à utiliser en priorité le PER d’entreprise pour capter l’abondement, puis à compléter avec un PER individuel pour exploiter pleinement vos plafonds de déduction fiscale personnels.

Gestion des supports d’investissement et allocation d’actifs dans le PER

Le cadre fiscal avantageux du Plan d’Épargne Retraite ne suffit pas : la performance de votre PER dépend avant tout de la qualité des supports d’investissement et de votre allocation d’actifs. En d’autres termes, comment répartir votre épargne entre placements sécurisés et placements dynamiques ? Cette allocation est la clé de voûte de votre stratégie de retraite.

Le PER fonctionne comme une enveloppe accueillant différents types de supports : fonds euros à capital garanti, unités de compte investies en actions, obligations, immobilier (SCPI, OPCI), ou encore ETF indiciels à faibles frais. La difficulté consiste à trouver le bon équilibre entre sécurité et rendement potentiel, en tenant compte de votre horizon de retraite, de votre tolérance au risque et de vos objectifs patrimoniaux.

Fonds euros sécurisés versus unités de compte dynamiques

Les fonds en euros constituent la brique sécuritaire de votre Plan d’Épargne Retraite. Le capital y est garanti par l’assureur, et les intérêts déjà crédités sont définitivement acquis grâce à l’effet cliquet. En contrepartie de cette sécurité, le rendement des fonds euros s’est nettement tassé ces dernières années, oscillant en moyenne entre 2,5 % et 3,5 % brut selon les contrats en 2024. Ces supports restent incontournables pour sécuriser l’épargne à l’approche de la retraite ou pour les profils très prudents.

À l’inverse, les unités de compte (UC) offrent un potentiel de performance nettement supérieur, mais sans aucune garantie en capital. Elles peuvent être investies en actions, obligations, immobilier, infrastructures ou fonds diversifiés. Sur le long terme (15 à 25 ans), l’historique des marchés montre que les placements en actions ont généré des rendements annuels moyens de l’ordre de 6 % à 8 %, au prix de fluctuations parfois marquées à court terme. C’est précisément cette volatilité qui effraie certains épargnants, mais elle constitue aussi le moteur de la croissance de votre épargne retraite.

Attention : Les unités de compte présentent un risque de perte en capital. Sur un horizon court (moins de 5 ans), une forte exposition aux actions peut entraîner des pertes significatives. Adaptez toujours votre allocation à votre horizon de départ en retraite et à votre capacité à supporter les variations de marché.

Faut-il pour autant tout miser sur les unités de compte ? Bien sûr que non. Une analogie simple : votre PER est un véhicule de long voyage. Le fonds en euros représente la ceinture de sécurité, tandis que les UC sont le moteur. Sans ceinture, le trajet est risqué ; sans moteur, vous n’avancez pas. La bonne stratégie consiste à combiner ces deux types de supports de manière adaptée à votre profil de risque et à votre horizon de départ en retraite.

Gestion pilotée, sélection de supports et allocation selon l’horizon de retraite

Pour les épargnants qui ne souhaitent pas gérer eux-mêmes la composition de leur PER, les assureurs et plateformes en ligne proposent des modes de gestion pilotée, souvent dits « à horizon ». Dans ce cadre, vous déléguez les arbitrages à des professionnels qui adaptent automatiquement l’allocation d’actifs en fonction de votre âge et de votre profil de risque (prudent, équilibré, dynamique). Plus vous êtes éloigné de la retraite, plus la part d’unités de compte est élevée ; à l’approche du départ, la proportion de fonds euros augmente pour sécuriser le capital.

La gestion pilotée repose généralement sur trois grands profils. Le profil prudent privilégie les fonds euros et les UC obligataires à faible volatilité, au détriment de la performance potentielle. Le profil équilibré combine de façon homogène fonds euros et UC actions, visant un compromis entre rendement et sécurité. Enfin, le profil dynamique donne une place importante aux actions et aux actifs risqués, adapté aux horizons de placement longs et aux épargnants tolérant des variations significatives.

L’offre actuelle sur le marché permet d’ailleurs d’associer cette gestion pilotée à une véritable démarche éthique, en investissant exclusivement dans des fonds responsables excluant les énergies fossiles. Vous conciliez ainsi performance financière de long terme et cohérence avec vos valeurs environnementales. Cette solution de gestion déléguée vous permet de bénéficier d’un pilotage professionnel pointu, sans devoir scruter au quotidien l’évolution des marchés financiers.

Une femme consulte son compte d'épargne retraite en ligne sur un ordinateur portable à la table de son appartement.
La souscription et la gestion d’un PER en ligne permettent d’ajuster versements et allocation depuis chez soi.
 

En gestion libre, vous avez la main sur la sélection des supports au sein de votre Plan d’Épargne Retraite. La plupart des PER assurantiels donnent accès à un large univers d’OPCVM (Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières) et, de plus en plus, à des ETF (fonds indiciels cotés). Les OPCVM actifs sont gérés par des professionnels qui cherchent à surperformer un indice de référence, tandis que les ETF se contentent de répliquer cet indice à moindre coût. Cette différence de philosophie se traduit directement dans les frais : les ETF affichent en général des frais de gestion annuels bien inférieurs à ceux des fonds actifs. Sur un horizon très long comme la préparation de la retraite, une différence de 1 % de frais annuels peut réduire de près de 25 % le capital final au bout de 30 ans.

La bonne approche consiste à bâtir un socle de portefeuille à base d’ETF larges (monde, Europe, États-Unis, émergents) pour capter la performance globale des marchés, puis à compléter, si vous le souhaitez, par quelques fonds actifs ciblés pour diversifier davantage. L’important est de ne jamais perdre de vue la cohérence globale de votre allocation et l’adéquation avec vos objectifs de retraite.

La durée qui vous sépare de la retraite est le paramètre central pour déterminer la répartition entre supports sécurisés et supports dynamiques. Plus votre horizon est lointain, plus vous pouvez accepter de volatilité à court terme pour viser une performance supérieure à long terme. À mesure que la retraite approche, la priorité se déplace progressivement vers la préservation du capital déjà constitué. Une règle de bon sens, fréquemment utilisée en allocation d’actifs, consiste à investir en actions une proportion approximative de 100 moins votre âge. Ainsi, à 35 ans, vous pouvez supporter environ 65 % d’actions, tandis qu’à 60 ans, cette part descendrait autour de 40 %. Ce n’est évidemment pas une loi immuable, mais un repère pour cadrer votre réflexion.

Modalités de sortie du PER : rente viagère, capital et cas de déblocage anticipé

Arrivé au moment de la retraite, le Plan d’Épargne Retraite se transforme en véritable boîte à outils pour structurer vos revenus. Vous pouvez choisir une sortie en capital, en rente viagère, ou combiner les deux. Ce choix impacte non seulement votre niveau de vie, mais aussi la fiscalité applicable et la transmission de votre patrimoine.

Capital, rente viagère ou sortie mixte : avantages et arbitrages

La sortie en capital vous permet de récupérer tout ou partie de l’épargne accumulée, en une fois ou de manière fractionnée. Cette option est souvent privilégiée pour financer un projet important (remboursement d’un crédit, travaux, donation aux enfants, achat immobilier) ou pour reconstituer une épargne plus flexible sur un contrat d’assurance-vie. En revanche, elle exige une certaine discipline pour ne pas consommer trop rapidement le capital, au risque de se retrouver avec des revenus insuffisants à un âge avancé.

La rente viagère, quant à elle, transforme votre capital en un revenu garanti à vie. Le montant de la rente dépend de votre âge au moment de la conversion, du capital disponible, des options choisies (rente réversible au conjoint, annuités garanties, indexation) et des conditions techniques de l’assureur (tables de mortalité, taux techniques). Plus vous êtes âgé au moment de la conversion, plus le montant de la rente mensuelle est élevé pour un même capital, car la durée de versement estimée est plus courte.

Dans la pratique, beaucoup d’épargnants optent pour une solution mixte : une partie du PER est sortie en capital pour financer des projets ou renforcer l’épargne de précaution, tandis qu’une autre est convertie en rente viagère pour sécuriser un socle de revenus complémentaires à vie. Cette approche permet de concilier flexibilité et sécurité, en particulier pour les couples qui souhaitent protéger le conjoint survivant grâce à une option de réversion. Avant de trancher, il est vivement recommandé de comparer plusieurs simulations de rentes et de mesurer l’impact fiscal de chaque scénario.

Cas de déblocage anticipé et leurs conditions

Le PER est souvent présenté comme un produit tunnel, car l’épargne est en principe bloquée jusqu’à la retraite. Toutefois, la loi prévoit plusieurs cas de déblocage anticipé pour tenir compte des aléas de la vie. Ces exceptions répondent à deux grandes logiques : financer l’acquisition de la résidence principale et faire face à des situations de fragilité (invalidité, décès du conjoint, surendettement, liquidation judiciaire, etc.).

Le cas de déblocage anticipé le plus courant concerne l’acquisition de la résidence principale. Vous pouvez retirer tout ou partie des sommes investies sur votre PER pour constituer votre apport personnel lors de l’achat de votre logement. Pour bénéficier de ce déblocage, vous devez fournir des justificatifs attestant de l’opération immobilière : compromis ou promesse de vente, appel de fonds du notaire ou du promoteur, ou attestation de prêt. Les fonds débloqués doivent être utilisés exclusivement pour financer l’acquisition ou la construction de la résidence principale, et non un investissement locatif. L’intérêt de ce mécanisme réside dans l’effet de levier fiscal : en déduisant vos versements pendant plusieurs années, vous avez réduit vos impôts tout en constituant une épargne qui améliore ensuite les conditions de votre crédit immobilier.

Les travailleurs indépendants peuvent débloquer leur PER en cas de liquidation judiciaire de leur entreprise, consécutive à une cessation d’activité. La condition essentielle est la radiation du registre du commerce et des sociétés (RCS), du répertoire des métiers ou de l’ordre professionnel. Les sommes débloquées peuvent alors servir à couvrir des besoins de trésorerie ou à financer une reconversion professionnelle. Sur le plan fiscal, ces sorties anticipées bénéficient d’un régime allégé : le capital correspondant aux versements volontaires est exonéré d’impôt sur le revenu, seuls les gains supportent les prélèvements sociaux.

L’invalidité du titulaire, de son conjoint ou de ses enfants (invalidités de 2ᵉ ou 3ᵉ catégorie au sens de la Sécurité sociale) constitue un autre cas de sortie anticipée. Le déblocage du PER peut alors constituer une bouffée d’oxygène financière pour adapter le logement, financer du matériel médical ou compenser une forte baisse de revenus. Les justificatifs incluent la notification d’invalidité émise par la Sécurité sociale. La fiscalité est aménagée : le capital est en principe exonéré d’impôt sur le revenu, seuls les produits de l’épargne restant soumis aux prélèvements sociaux.

Enfin, le surendettement permet également le déblocage anticipé du PER. Lorsque votre dossier est déclaré recevable par la commission de surendettement de la Banque de France, vous pouvez demander la liquidation de tout ou partie de votre épargne retraite afin de désendetter votre situation financière. La procédure implique de transmettre la décision de recevabilité émise par la commission départementale. Le recours à cette solution doit toutefois être considéré comme une mesure de dernier ressort, car utiliser son épargne retraite pour apurer des dettes revient à compromettre une partie de son confort financier futur.

Transmission successorale et clause bénéficiaire du PER

Au-delà de la préparation de votre propre retraite, le Plan d’Épargne Retraite constitue un outil de transmission patrimoniale particulièrement puissant, surtout lorsqu’il prend la forme d’un PER assurantiel. Comme pour l’assurance-vie, vous pouvez désigner librement les bénéficiaires qui recevront le capital en cas de décès, en dehors des règles strictes du partage successoral, tout en profitant d’une fiscalité avantageuse.

La clause bénéficiaire est le cœur de ce dispositif. Elle peut être standard (« mon conjoint, à défaut mes enfants, à défaut mes héritiers ») ou rédigée sur mesure pour tenir compte de situations familiales spécifiques (enfants de différentes unions, concubin, personne handicapée, etc.). Vous pouvez la modifier à tout moment auprès de votre assureur, tant que le PER n’a pas été liquidé. C’est un levier précieux pour protéger un conjoint, avantager un enfant en difficulté ou organiser une transmission plus équitable selon vos souhaits.

Sur le plan fiscal, les règles varient selon l’âge au décès et la nature du PER. Pour un PER assurantiel, si le décès intervient avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 euros sur les sommes reçues (tous contrats confondus, PER et assurance-vie). Au-delà, la fraction taxable est soumise à un prélèvement de 20 % puis 31,25 % au-delà de 700 000 euros par bénéficiaire. Après 70 ans, un abattement global de 30 500 euros s’applique sur l’ensemble des capitaux versés, le solde étant soumis aux droits de succession classiques en fonction du lien de parenté.

À l’inverse, un PER bancaire ne bénéficie pas de cette fiscalité spécifique : l’épargne entre dans l’actif successoral ordinaire et suit les règles de droits de succession habituelles. Le choix entre PER assurantiel et PER bancaire doit donc intégrer cette dimension de transmission. Dans la plupart des cas, les épargnants attachés à la protection de leur conjoint ou de leurs enfants privilégient le PER assurantiel, qui cumule les atouts de l’épargne retraite et ceux de l’assurance-vie en matière successorale.

PER, assurance-vie et anciens dispositifs : quel comparatif pour quelle stratégie ?

Pour juger de l’intérêt d’ouvrir un Plan d’Épargne Retraite, il est indispensable de le comparer aux autres grands dispositifs d’épargne de long terme : l’assurance-vie, toujours plébiscitée par les Français, et les anciens produits d’épargne retraite comme le PERP ou le contrat Madelin, désormais fermés à la commercialisation mais encore largement détenus.

L’assurance-vie se distingue du PER par une disponibilité bien plus grande des fonds. Vous pouvez effectuer des retraits partiels à tout moment, sans condition d’âge ni de motif, avec une fiscalité particulièrement attractive après 8 ans de détention (abattement annuel sur les gains et prélèvement forfaitaire à 7,5 % ou 12,8 % selon les cas). En matière de transmission, elle offre un cadre fiscal très proche de celui du PER assurantiel, avec les mêmes seuils de 152 500 euros avant 70 ans et 30 500 euros après 70 ans. En revanche, l’assurance-vie ne permet pas de déduire les versements de votre revenu imposable, ce qui la rend moins intéressante pour réduire immédiatement votre impôt.

Les anciens dispositifs comme le PERP, le Madelin ou l’Article 83 imposaient souvent une sortie majoritairement en rente viagère, avec une flexibilité réduite par rapport au PER actuel. La loi PACTE a précisément cherché à corriger ces rigidités en permettant une sortie en capital totale ou partielle et en unifiant les règles fiscales. Si vous détenez encore un PERP ou un contrat Madelin, le transfert vers un PER peut donc présenter un double intérêt : accéder à une plus grande souplesse à la sortie et, souvent, bénéficier de frais de gestion et de supports d’investissement plus compétitifs.

Comparatif PER, assurance-vie et anciens dispositifs d’épargne retraite
Critère PER Assurance-vie PERP / Madelin
Déductibilité des versements Oui (dans la limite des plafonds) Non Oui
Disponibilité des fonds Bloquée jusqu’à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé) Disponible à tout moment Bloquée jusqu’à la retraite
Sortie en capital Totale ou partielle Totale ou partielle Limitée (principalement en rente)
Sortie en rente Possible Possible Obligatoire (majoritairement)
Transmission (avant 70 ans) Abattement 152 500 € par bénéficiaire (PER assurantiel) Abattement 152 500 € par bénéficiaire Droits de succession classiques
Fiscalité après 8 ans Imposition à la sortie selon origine des sommes Abattement annuel + prélèvement forfaitaire réduit —

Alors, PER ou assurance-vie ? Dans la majorité des cas, la réponse n’est pas l’un ou l’autre, mais l’un et l’autre. Le PER est l’outil de prédilection pour optimiser votre fiscalité pendant la vie active, en particulier si vous êtes dans une tranche marginale d’imposition élevée et que vous disposez d’un horizon de placement long. L’assurance-vie, de son côté, reste la meilleure enveloppe pour une épargne disponible et polyvalente, utilisable à tout moment pour vos projets, et très efficace pour la transmission de patrimoine.

Quant aux anciens produits (PERP, Madelin, Article 83, PERCO), ils ont vocation à être progressivement migrés vers le PER, afin de bénéficier d’un cadre plus lisible et plus souple. En regroupant vos différents contrats d’épargne retraite sur un PER moderne, vous facilitez le pilotage de votre stratégie de long terme, réduisez potentiellement vos frais et clarifiez vos options de sortie au moment de la retraite. En définitive, le PER s’impose comme la pierre angulaire d’une préparation de retraite efficace, à articuler intelligemment avec l’assurance-vie, l’immobilier et, le cas échéant, d’autres placements de long terme.

Questions fréquentes

Puis-je cumuler un PER individuel et un PER collectif d’entreprise ?

Oui, vous pouvez cumuler un PER individuel et un PER collectif d’entreprise. Les deux sont complémentaires : le PER collectif vous permet de profiter de l’abondement de votre employeur, tandis que le PER individuel vous offre une maîtrise totale des versements et des supports d’investissement. Chacun dispose de ses propres plafonds de déduction fiscale.

Que se passe-t-il si je change d’employeur ou si je deviens indépendant ?

Votre PER vous suit tout au long de votre carrière, quel que soit votre statut professionnel. Si vous détenez un PER collectif d’entreprise et que vous changez d’employeur, vous pouvez soit le conserver, soit le transférer vers un PER individuel ou vers le PER collectif de votre nouvel employeur. Le passage du statut de salarié à indépendant n’impacte pas votre PER existant : vos plafonds de déduction seront simplement recalculés selon votre nouveau statut.

Puis-je transférer mon ancien PERP ou contrat Madelin vers un PER ?

Oui, le transfert d’un PERP, d’un contrat Madelin, d’un Article 83 ou d’un PERCO vers un PER est autorisé et souvent avantageux. Ce transfert vous permet de bénéficier d’une plus grande souplesse à la sortie (possibilité de sortie en capital totale ou partielle), de frais de gestion potentiellement plus compétitifs et d’une meilleure lisibilité de votre épargne retraite. Le transfert est généralement gratuit et sans fiscalité.

Quelle est la différence entre un PER assurantiel et un PER bancaire ?

Le PER assurantiel est proposé par un assureur et fonctionne comme un contrat d’assurance-vie : il offre une fiscalité avantageuse en matière de transmission (abattement de 152 500 euros par bénéficiaire avant 70 ans). Le PER bancaire est proposé par une banque et fonctionne comme un compte-titres : l’épargne entre dans l’actif successoral ordinaire et suit les règles de droits de succession classiques. Pour la transmission, le PER assurantiel est généralement plus avantageux.

Rédigé par Théo Mercier, auteur et conseiller éditorial spécialiste de la vulgarisation patrimoniale et de la clarté financière. Sa démarche repose sur la déconstruction des préjugés boursiers et l'explication nuancée des compromis entre rendement, sécurité et disponibilité des fonds